Les émotions font partie intégrante de l’expérience humaine. Elles nous traversent chaque jour, parfois discrètement, parfois avec intensité. Pourtant, on cherche souvent à les éviter, à les contrôler ou à les juger. Apprendre à mieux comprendre ses émotions, d’où elles viennent et ce qu’elles nous disent, est un outil précieux dans le rétablissement, en aidant à naviguer avec elles plutôt que de se laisser submerger.
Le lien étroit entre pensées et émotions
Nos pensées jouent un rôle central dans les émotions que nous ressentons. Autrement dit, nous sommes en quelque sorte ce que nous pensons. Une pensée stressante, inquiétante ou négative peut rapidement influencer notre état émotionnel. À l’inverse, des pensées plus rassurantes ou positives peuvent favoriser des émotions plus apaisées ou joyeuses.
Ce lien n’est pas toujours conscient. Une pensée peut surgir automatiquement, sans qu’on s’en rende compte, et influencer notre humeur ou nos réactions.
En rétablissement, ce lien est particulièrement important à reconnaître. Certaines pensées automatiques peuvent raviver des émotions plus difficiles et, chez certaines personnes, augmenter l’envie de consommer pour apaiser ce qui se passe à l’intérieur. Apprendre à repérer ces mécanismes est un élément important pour prévenir un retour à la consommation ou au jeu.
Les grandes familles d’émotions
On regroupe généralement les émotions en six grandes catégories :
- la peur
- la colère
- le dégoût
- la tristesse
- la joie
- la surprise
Ces émotions sont universelles. Elles sont présentes chez tous les êtres humains, peu importe l’âge, la culture ou le parcours de vie.
Il n’y a pas de « bonnes » ou de « mauvaises » émotions
Contrairement à ce qu’on entend souvent, les émotions ne sont ni bonnes ni mauvaises. Elles sont des signaux. Elles nous informent sur ce que nous vivons, sur nos besoins, nos limites ou ce qui est important pour nous à un moment donné.
Chercher à repousser une émotion ou à la nier peut parfois la rendre encore plus envahissante. Apprendre à la reconnaître, à l’accueillir et à naviguer avec elle, c’est une compétence qui se développe avec le temps.
Les 4 R : un outil simple pour gérer ses émotions
Sachant que les pensées influencent les émotions, il devient important d’y porter attention. Une façon simple et accessible de le faire est d’utiliser la méthode des 4 R, un outil souvent utilisé en intervention pour favoriser une meilleure régulation émotionnelle.
- Reconnaître
La première étape consiste à identifier ce qui se passe en soi. Quelle émotion est présente? Est-ce de la colère, de la peur, de la tristesse? Mettre des mots sur ce que l’on ressent permet déjà de créer une certaine distance. - Respirer
Prendre une pause pour respirer profondément et consciemment. Ça aide à calmer le système nerveux et à diminuer l’intensité émotionnelle. Cette pause peut sembler simple, mais elle est souvent déterminante. - Réfléchir
Une fois l’émotion un peu apaisée, il devient possible de s’interroger sur la pensée qui l’a déclenchée. Est-elle réaliste? Est-elle nuancée? Existe-t-il une autre façon de voir la situation? - Réagir autrement
Cette prise de recul permet de choisir une réaction plus alignée avec ses valeurs et ses besoins, plutôt que de réagir sous l’impulsion de l’émotion. Pour une personne en rétablissement, cela peut signifier éviter de consommer pour apaiser temporairement ce qu’elle ressent, et plutôt poser un geste qui soutient réellement son cheminement et son bien-être.
Les émotions font partie de l’humain
Ressentir intensément, vivre des hauts et des bas, se sentir parfois dépassé.e : tout cela est profondément humain. Développer une meilleure compréhension de ses pensées et de ses émotions, ce n’est pas chercher à tout contrôler, mais apprendre à se connaître et à prendre soin de soi, un jour à la fois.